Rose-givree

Suite à mon article sur ce blog intitulé "Je suis un homme libre" échange de commentaire entre entre deux Marc, sur ce même article :

  • Marc : C'est trop tard pour moi. Je ne saurais pas où donner de la tête..
  • L'auteur de ce blog : Il n'est jamais trop tard... Nous sommes si nombreux à en être la preuve vivante !
  • Marc : Quelque part, je suis déjà mort.
  • L'auteur de ce blog : C'est le "vieil homme" qui est déjà mort... Mais l'homme nouveau qui sommeille en toi n'attend qu'un signe pour se réveiller !
  • Marc : tu parles... oui, c'est toujours très joli ces histoires, comme dans les livres américains de développement personnel, mais ça nous fait une belle jambe : ça n'aide pas. Même si on est content pour cet homme.

Et Françoise a écrit ce commentaire :

Je le trouve dérangeant, ce texte. Parce qu'il est vrai pour cet homme et je m'en réjouis pour lui. Mais il y a tant de gens pour qui cela se passe autrement ! On ne se sent pas toujours enfermé, même si on l'est sans doute toujours un peu.
Je connais une personne qui avait la vie qu'elle aimait, et puis un vrai tsunami... La personne s'en est relevée. Mais elle ne pourra plus jamais connaître cette vie qu'elle désirait et qu'elle désire toujours, tout en essayant de ne pas trop y penser. Elle survit.
La vie réelle peut être une prison, avec laquelle il faut bien composer. Mais compose-t-on avec une prison ?!

Et puis il y aussi Suzanne, qui a perdu deux de ses quatre fils et qui doit rester confinée chez elle suite à une dégénérescence maculaire. Hier soir au téléphone, elle me demandait : "Pourquoi certains peuvent vivre heureux et que d'autres comme elle en sont privés ?"

Merci, Françoise, Suzanne et Marc de me donner l'occasion de poursuivre ma réflexion !

L'homme qui décrit son expérience de liberté raconte qu'elle arrive après 20 ans de galère dans sa vie personnelle et trois ans d'une période qu'il désigne lui aussi comme un véritable tsunami personnel, familial, professionnel... Son expérience de liberté est l'émergence d'un long chemin bouleversé...

Il y a d'abord eu le passage par le fond ! En sortir et s'en sortir, c'est toujours faire le deuil... Mais on ne fait pas la théorie du deuil... On "fait" son deuil. Ce deuil nous travaille, nous laboure, nous retourne... Il laisse des cicatrices sensibles ou douloureuses, mais il n'empêche pas la résilience (voir en bas de page), que Boris Cyrulnik définit ainsi : "comment reprendre un développement après une abolie psychique ? (extrait d'une conférence)"

L'impression de survivre vient peut-être du fait que ce travail de deuil n'est pas terminé... que nous n'avons pas encore pu suffisamment "lâcher prise" sur le passé pour entrevoir la possibilité d'un autre avenir... Facile à dire... Difficile à faire... Mais possible pour chacun...

Nous ne sommes pas faits pour être des survivants résignés, mais des rescapés : marqués à vie par ce tsunami, définitivement boiteux peut-être, mais capables d'avancer et de trouver, au fond de notre blessure, l'énergie du rebond. Rescapés, mais vivants !